L.E.S.T Association - Forum

L.E.S.T, Luttons Ensemble pour la Sauvegarde de la Terre.


Vous n'êtes pas connecté. Connectez-vous ou enregistrez-vous

Vouloir la fin des animaux de compagnie et adopter ...

Aller en bas  Message [Page 1 sur 1]

Voici un article que j'ai écrit pour clarifier notre position par rapport aux animaux de compagnie. Il est fortement conseillé de lire jusqu'à la fin pour bien saisir le sens et l'enjeu de l'article.
Merci de votre lecture.


Vouloir la fin des animaux de compagnie et adopter : une contradiction ?

Le mouvement pour les droits des animaux et le véganisme aborde de plus en plus la question relative à l’animal de compagnie.

LEST a déjà pris position contre le commerce, le trafic, la maltraitance et la reproduction des animaux domestiques, mais aussi contre leur abandon et leur reproduction. D’ailleurs, nous avons réalisé un tract que nous distribuons sur nos stands et en particulier lors des actions avant les grandes vacances, période où le taux d’abandon est le plus élevé.

Nous nous positionnons également en faveur de l’adoption des animaux abandonnés, c’est-à-dire d’accueillir, d’offrir une nouvelle vie et un foyer à des animaux dont plus personne ne veut, déjà abandonnés, risquant l’abandon ou l’euthanasie (le meurtre). En aucun cas, l’animal ne doit être acheté, échangé contre de l’argent qui correspondrait à une certaine valeur marchande qu’on lui aurait attribué. Il faut préciser qu’adopter un animal en refuge ou association présente une somme à débourser mais elle correspond uniquement aux frais vétérinaires, de tatouage/puçage, de vaccins, de stérilisation etc. En aucun cas, il ne s’agit de payer pour acheter un animal, mais de payer pour des services obligatoires (comme le tatouage pour les chiens, certains vaccins..) et/ou des soins médicaux qui ne sont pas gratuits.


Les animaux dits de compagnie -chiens, chats, lapins…- ont été sélectionnés et transformés par l’homme, à l’instar des animaux d’élevage. Nous les avons créés pour satisfaire nos « besoins », nos intérêts. Par la sélection génétique (l’élevage) nous les avons transformés physiquement, psychologiquement au fil des générations. On a atténué ou au contraire augmenté certaines caractéristiques, pour qu’ils correspondent le mieux à leur utilité et finalité. Cela explique la différence de taille, de poids, de force, de caractère même, de nos animaux : les chiens par exemple ont été à l’origine créés pour être chasseur, ou bien pour mener les troupeaux, garder la maison, pour combattre les animaux sauvages… Nous avons ainsi mis au point les races. Certaines d’entre-elles ont donné des monstres, leurs problèmes génétiques étant tellement accentués qu’ils sont des êtres malades dès leur naissance. Le shar-peï doit ses plis à une maladie de peau que nous avons choisi de reproduire et d’intensifier.

Même les nouveaux animaux de compagnie, comme les lapins, les hamsters... ne sont plus tels qu’ils étaient dans leur milieu naturel (les lapins sont rendus plus petits pour faire craquer les enfants par exemple).
Pour ceux qui n’ont pas encore été sélectionnés comme certains reptiles, les nouveaux marchés prennent de l’ampleur et la sélection est entrain de s’opérer progressivement à mesure que l’achat, donc que l’élevage progresse.
Aucun chien, ni chat domestique, ni NACs (Nouvel Animal de Compagnie) n’existe –ou n’existera- dans la nature, ils sont nos créations, nos objets d’usage.

Nous pouvons dire qu’ils sont nos esclaves. Ils dépendent entièrement de nous. Nous décidons de tout pour eux.
Dans le droit français, ils sont nos biens meubles, l’animal est notre propriété, notre objet, notre chose. Nous avons beau les aimer, leur accorder sentiments et volonté, ils ne sont pas plus que notre sac, notre lampe, ou notre terrain. Ils ne sont pas libres, ils vivent pour nous et par nous.
Pourtant, les chats errants en France peuvent accéder à un statut particulier, depuis 1999 : celui de chat libre. Pour cela, les chats errants qui sont trop sauvages pour êtres adoptés sont tatoués, stérilisés et identifiés par une association de protection animale avec l'accord et l'aide de la commune. Ils sont ensuite relâchés puis surveillés et nourris par des bénévoles. Je salue d’ailleurs le travail formidable qu’accomplissent les personnes qui se chargent de les aider et de les protéger.
Je prends cet exemple pour appuyer ma réflexion sur cette notion de liberté. Les chats libres pour une grande part d’entre eux vivent à proximité des habitations, dans les villes. Ils peuvent difficilement vivre seulement en chassant, alors souvent ils fouillent dans nos poubelles, recherchent des abris construits par la main de l’homme en zone urbanisée. On peut constater qu’ils sont toujours dépendants de nous. Même si certains parviennent à vivre à la campagne, en milieu presque naturel, ils ne réussissent pas à subvenir tout seuls à leur besoins. Chat citadin ou chat rural, ils sont des milliers à ne pas pouvoir se passer de la présence et de l'aide de l’homme.

L’exemple du pigeon domestique, véritable « clochard » de nos villes en est un exemple éloquent. Au XVIIIème et XIXème siècle, l’élevage déclina et de nombreux pigeons furent relâchés. Ceux qui peuplent nos villes sont des descendants de ces pigeons bisets utilisés jadis comme pigeons voyageurs, de chair etc. Contrairement au pigeon ramier –sauvage- qui vie plutôt en milieu rural, le pigeon bisets s’est regroupé dans les villes, dépendant de l’homme pour se nourrir, ceci attestant de sa proximité avec l’être humain. Il subsiste alors en se nourrissant de nos déchets. Il n’est pas retourné dans la nature. Il souffre de tous les problèmes et mauvais traitements dus aux zones urbaines et est mis à mort par les politiques d’extermination menées par les municipalités. Après l’avoir domestiqué pour nous servir de messager, nous aider à faire la guerre, nous nourrir, nous le remercions en le classant en animal nuisible et en le traitant comme tel. ( d’infos : Des pigeons et des hommes et Lapalomatriste)
Nous sommes pourtant les seuls et uniques responsables de son invasion dans nos villes et de sa surpopulation.

Nous savons par conséquent qu’aucun animal domestique ne pourra être libre. L’étymologie de domestique (domesticus) est bien : « qui est lié au foyer ». Un animal domestique est donc lié à l’homme, en opposition avec l’animal sauvage qui vie indépendamment, dans la nature.
Même lorsque l’animal de compagnie semble pouvoir vivre de façon autonome il reste dépendant de nous. C’est pourquoi, nous voulons mettre fin à ce statut d’esclave et à tous les abus qui en découlent, pour cela nous sommes en faveur de la disparition de l’animal domestique (qu’il soit de compagnie, ou d’élevage pour sa viande, son lait, sa fourrure…). Cela passe par le refus de cautionner le commerce des animaux de compagnie, par la stérilisation et l’opposition à la reproduction et à l’élevage.
Si par l’information et l’éducation, de plus en plus de personnes mettent en pratique cette conviction, alors il y aura de moins en moins d’animaux qui naîtrons et qui serons vendus. Grâce à la stérilisation les individus ne seront plus remplacés et alors peut-être qu’un jour, il n’y aura plus d’animaux de compagnie. Cela semble idéaliste d’arriver à un tel résultat, mais il est pourtant nécessaire d’agir dans ce sens.

En effet, la situation concernant les animaux de compagnie est catastrophique, en France, mais aussi partout dans le monde. Jamais le commerce et le trafic de ces animaux n’a été aussi florissant et lucratif. On pourrait se contenter de s’opposer au commerce et à la reproduction des animaux de compagnie, comme nous l’avons vu plus haut. Néanmoins, cette position ne va pas assez loin, elle apparaît insuffisante lorsque l’on se penche sur la réalité du problème. Il s’agit bien d’un problème, car les chiens, chats et autres animaux vendus ou donnés ne passent pas tous leur vie tranquillement dans la famille qui les a choisis. Loin de là, en France c’est 100 000 animaux abandonnés chaque année (les NACs ne sont pas comptés dans ces chiffres), nous détenons ainsi le triste nombre record d’abandons. Une centaine de millier de chiens et de chats est donc « hors circuit », comme des objets usagés qui se retrouvent à la décharge.

Les refuges et associations sont souvent débordés : trop d’animaux, pas assez de place, pas assez de moyens, pas assez de personnes. Il est difficile de gérer le nombre écrasant d’animaux abandonnés. Certaines fourrières ne disposent pas de refuge qui prend en charge les animaux après le délai de quinze jours et au-delà c’est la mort assurée. Ou bien les refuges sont déjà saturés et les euthanasies sont très largement pratiquées, souvent par manque de place et manque de temps. Il y a des associations qui sont isolées, ne disposant que de moyens dérisoires, ne pouvant être partout à la fois, ils ne peuvent pas tous les sauver. Des personnes seules se démènent également corps et âme pour trouver des nouveaux foyers aux animaux qui ont tout perdu. Ceux qui agissent sont parfois confrontés à des choix très difficiles. La situation est vraiment désastreuse.

Certaines personnes malgré tout impliquées pour les droits des animaux, végétariennes, ou véganes ne veulent pas prendre en compte cet aspect-là. L’urgence de la mort, mais aussi les animaux retrouvés dans des états de maltraitances odieuses (chiens maigres car perdus par leurs anciens maîtres dans une forêt, mutilations, coups, blessures, état de choc, animaux brisés physiquement et psychologiquement…), les réactions puériles et irresponsables de ceux qui abandonnent ou veulent adopter, tout cela est vécu quotidiennement par ceux qui sont au contact de leur souffrance. Les appels à l’aide d’association ou de particuliers, il y en a tous les jours en quantité effrayante. Parfois il s’agit de cinquante chats à placer dans les quinze jours… Ou encore, il faut placer trois chiens à problèmes dans les deux jours suivants sinon c’est l’euthanasie.

J’ai moi-même beaucoup parlé avec des personnes, des amis(es) qui s’impliquent et luttent au quotidien pour offrir une nouvelle vie à leurs protégés. Pour ces personnes, c’est souvent extrêmement dur moralement et psychologiquement. On ne prend conscience de la gravité du problème, de l’extrême détresse des animaux de compagnie laissés pour compte qu’en se confrontant directement à cette situation, en parlant avec ceux qui la vivent tous les jours. Tous les animaux de compagnie n’ont pas un sort plus enviable que les animaux d’élevage.

Avec une prise de conscience de cette horreur, de cette cruauté banalisée, il n’est plus possible d’en rester tranquillement à une position consistant à éduquer pour faire cesser le commerce des animaux de compagnie et penser « je n’ai pas à avoir d’animaux chez moi ». Nous sommes responsables de ces animaux, nous sommes moralement responsables de leur souffrance, de leur mort, de ce que nous leur faisons subir. Nous les avons faits naître, nous les avons transformés au fil du temps, nous nous en servons pour de multiples raisons… Nous sommes autant responsables de leur sort (qui est intimement lié au notre et à notre histoire) que de celui des vaches que nous conduisons à l’abattoir pour leur lait ou leur viande.
Ces animaux à qui nous pouvons offrir une nouvelle chance, ne seront pas libres, il est vrai. Cependant par leur statut même d’animal de compagnie, ils ne le seront jamais. Ce ne sera que lorsqu’ils ne seront plus que leur esclavage sera aboli.

En attendant, ils souffrent et meurent de notre irresponsabilité. Puisqu’ils sont dépendants de nous, nous devons leur assurer la meilleure vie possible. Ces animaux sont là, ici et maintenant. Ils sont des milliers et ils risquent tous de mourir ou de finir leur vie derrière les barreaux. Nous devons nous en préoccuper, d’autant plus si nous sommes déjà impliqués pour les animaux d’une manière ou d’une autre. En attendant la disparition des animaux de compagnie, nous devons prendre soin de ceux qui sont là aujourd’hui, de ceux qui payent le prix fort de notre égoïsme.


Cela nous concerne tous, c’est pourquoi nous avons le devoir de les secourir, puisque nous sommes les seuls coupables de ce qui leur arrive.
L’adoption est une forme d’activisme, elle n’est pas du tout incompatible avec le fait de militer pour la disparition des animaux de compagnie. Au contraire, elle est son prolongement, elle s’inscrit dans le présent, dans la réalité du problème, elle est la preuve de notre responsabilité à leur égard. Nous avons l’obligation morale de leur venir en aide.

Même si, pour des raisons financières par exemple, il vous est impossible de recueillir un animal, vous pouvez diffuser des appels à adopter, travailler bénévolement dans un refuge ou une association. Il est également possible d’accueillir temporairement un animal en devant famille d’accueil.

Si vous le pouvez, adoptez un animal, vous pouvez le faire sortir de l’enfer, vous pouvez le rendre heureux. Ils sont des milliers à attendre un foyer.
Merci pour eux.

Voici des associations véganes abolitionniste qui sauvent des animaux :
L'Oasis Végan'imaux
Laura blog végan
ASBL Fabienne

Et un site qui concentre tous les appels à adopter : Rescue

Clélia de LEST

Voir le profil de l'utilisateur

Revenir en haut  Message [Page 1 sur 1]

Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum